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 Lycaon, Callisto et Arcas

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Oriole
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MessageSujet: Lycaon, Callisto et Arcas   Lun 3 Mar - 20:01

Re-extrait de mon blog (désolée, je rentabilise mes articles)

1) Lycaon

Dans la famille royale d'Argos, se trouvait un nommé Pelasgos, fils, lui aussi de Zeus et de Niobé. Ce Pelasgos régnait sur le peuple puissant des Pélasges, qui occupait tout le Péloponnèse (presqu'île du sud de la Grèce, cette espèce de main à trois doigts). Et, au beau milieu de son royaume, se trouvait l'Arcadie, terre de naissance d'Hermès et de Zeus himself quand même, petit coin campagnard charmant, où vivaient des bergers avec leurs troupeaux, leurs flûtiaux, qui organisaient des concours de chant pastoral et autres activités de gens qui n'avaient pas l'ADSL.
Or Pelasgos avait un fils qu'il aurait eu soit avec une Océanide, soit avec la nymphe Cyllènè (éponyme du Mont Cyllène en Arcadie), auquel il avait cédé le trône d'Arcadie, un certain Lycaon. Ce Lycaon était plutôt polygame (même si son épouse préférée était Messénè, éponyme de la Messénie, région à côté de l'Arcadie) et eut une fille, Callisto, et (tenez-vous bien) cinquante fils, dans le désordre :

Mélénéos, Caucon,Horos, Archébatès, Canéthos,
Thesprotos, Mécistée, Polichos, Cartéron,Prothoos,
Nyctimos, Hoplée, Acontès, Égéon, Linos,
Hélix, Macarée, Évémon, Pallas, Coréthon,
Peucétios, Macednos, Ancyor, Eumon,Ménalos,
Téléboas, Physios, Phassos, Phthios, Lycios,
Haliphéros, Génétor, Bucolion, Socléos, Phinée,
Eumétès, Harpalée, Porthéos, Platon, Hémon,
Cynéthos, Léon, Harpalycos, Héraéos, Titanas,
Mantinoos, Cléitor, Stymphalos, et Orchoménos


...qui donnèrent tous leur nom à des villages d'Arcadie. Cela dit, Lycaon comme ses cinquante fils étaient d'insupportables orgueilleux qui se prenaient pour des dieux sur terre, et qui méprisaient les dieux (les vrais) par-dessus le marché. Zeus lui-même fut au courant de la chose. Sa première réaction fut de hurler qu'il allait foudroyer ces mortels prétentieux, mais il lui vint à l'esprit qu'on lui avait peut-être raconté des bobards, que ce n'étaient peut-être que de viles calomnies, et comme il n'aimait pas juger à la légère, il décida d'aller vérifier les faits sur terre en personne.
Zeus descendit donc sur terre incognito, traversa les monts et vallées d'Arcadie et se rendit chez le roi Lycaon et ses fils, qui l'accueillirent en grognant, parce que les lois de l'hospitalité l'exigeaient mais bon, ça fait une bouche de plus à nourrir. Zeus, à peine entré, déclara : "Ô mortels, je suis Zeus !" Aussitôt les serviteurs de la maison et gens du bas peuple se prosternent et se mettent à prier (Zeus aime) ; mais le roi et les princes, sceptiques quant à l'identité de leur hôte, se moquent d'eux (Zeus aime pas). Le dieu n'a pas cependant le temps de protester, car Lycaon l'amène à table.
- Moi j'y crois pas à son histoire de dieu, glisse alors à l'oreille de son père Ménalos, l'aîné des cinquante princes. Faudrait vérifier.
- Oui, lui souffle Lycaon, d'ailleurs j'ai pensé que si on l'attaquait cette nuit dans son sommeil, on saurait tout de suite si c'est un dieu ou pas...
- Un peu risqué...J'ai une meilleure idée, répond le fils : il la dit à son père, qui la trouve excellente, et ils la mettent aussitôt en application.
A l'époque, les Arcadiens venaient de conclure des accords de paix avec un peuple voisin, les Molosses (et je vous jure que je n'ai pas inventé ce nom débile), et ceux-ci leur avaient livré des otages en gage de leur bonne foi, comme ça se faisait à l'époque (l'idée c'est que, si le pays ennemi attaque par surprise, on tue les otages en représailles). Lycaon et ses fils prennent un otage, l'égorgent sans se poser de questions, le dépècent, le découpent en tranches, en font cuire une moitié à la broche et l'autre à la cocotte-minute, puis ramènent les plats à Zeus en annonçant : "Cher hôte, voilà du bon rôti et un excellent pot-au-feu !"
Mais Zeus était bien un dieu et, horrifié, il bondit de la table, saisit sa foudre, démolit le palais de Lycaon, foudroie 49 de cinquante fils (sauf le plus jeune, Nyctimos, car Gaïa, la Terre, s'interposa pour le sauver), poursuit le père qui s'est enfui dans la campagne et le change en loup. Bien fait.
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Oriole
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MessageSujet: Re: Lycaon, Callisto et Arcas   Lun 3 Mar - 20:01

2) Callisto

Après la disparition de Lycaon et de quarante-neuf de ses fils, il restait certes Nyctimos, mais aussi la fille de la famille, Callisto, une beauté sauvage qui, pour manifester sa rebelle attitude, avait quitté la maison paternelle et rejoint le cortège d'Artémis, déesse des bois, de la jeunesse, de la chasse et de la virginité. Car Artémis était une déesse chaste et fière de l'être : elle prônait l'abstinence et la libération des contraintes familiales, trouvant que c'était plus cool de courir les bois avec arcs et flèches que de se soumettre à des mâles lubriques pour devoir ensuite élever une horde de marmots. Elle refusait donc le mariage, haïssait la procréation (et donc ce qui va avec), fondatrice du MLP (Mouvement de Libération des Pucelles). Elle passait donc sa vie à chasser accompagnée d'une troupe de Nymphes et d'humaines aussi chastes qu'elle, dont Callisto faisait partie.
Malheureusement pour la jeune fille, Zeus, qui vaquait sur terre pour une raison X ou Y (le connaissant, c'était plutôt une raison X) aperçut la chaste jeune fille en train de se reposer seule dans les bois après une bonne partie de chasse et PAF ! coup de foudre, bave aux lèvres, excroissance subite des parties intimes, bref, tous les penchants obscènes du roi des dieux se réveillèrent d'un coup.
Mais comment faire pour approcher la jeune fille sans se prendre un coup de flèche au derrière (on a beau être un dieu, ça fait mal) ? Zeus trouve une solution : faisant appel à ses super-pouvoirs divins d'Olympien, il se métamorphose en Artémis (ça c'est retors). Il arrive devant Callisto, la salue (on peut imaginer une conversation du type de celles que se tenaient tous les jours les filles du cortège d'Artémis, par exemple : "Salut Callisto - Salut Artémis - Ca va ? - Oui et toi ? - Ca va, quoi de neuf ? - Oh, j'ai attrapé une biche et deux cerfs et toi ? - Oh, j'ai mis deux mâles en rut en fuite...") et soudain le dieu plaque la jeune fille au sol, exhibe un organe qui n'est pas censé faire partie de l'anatomie féminine et commet un acte répugnant et immoral passible de dix ans de prison. (Cela dit, c'est pas la morale qui étouffe les dieux grecs).
Or "toute union divine est féconde"... Callisto tomba donc illico enceinte, ce qui était doubelement gênant, car, outre le fait qu'elle devrait élever son futur marmot, elle devait absolument cacher sa grossesse à Artémis. Car la déesse n'acceptait que les vierges dans son cortège, d'abord ! De plus, Héra, épouse légitime de Zeus, eut vent de cette Xème aventure de son mari, et prit Callisto en grippe.
Celle-ci réussit à cacher son état pendant neuf bons mois, avec des tuniques super-flottantes je suppose (à moins qu'elle n'ait déjà un peu d'embonpoint) mais, un beau jour, alors qu'elles chassaient dans les bois, Artémis et ses suivantes firent une pause pour prendre un bain. Toutes se déshabillèrent pour entrer dans l'eau, mais Callisto hésitait.
- Ben quoi ? lui lancèrent les autres. Tu veux rester crad, tu aimes tremper dans la sueur ? Fais pas ta mijaurée, on est entre filles tout de même !
Callisto finit par se déshabiller... et dévoile son énorme ventre gravide de femme qui va accoucher d'un jour à l'autre. Artémis voit rouge et chasse à coups de pied cette traînée qui a fauté.
Solitaire et désespérée, Callisto accoucha dans un coin secret et Zeus, toujours plus soucieux du sort de ses fils que de celui de ses amantes une fois qu'il les a jetées, recueillit le bébé, un garçon nommé Arcas, et le fit élever par une autre de ses amantes, la nymphe Maïa. Cet Arcas allait devenir l'éponyme de l'Arcadie.
Et Callisto alors ? Eh bien, la pauvre fille erra sans but dans les forêts, jusqu'à ce qu'Héra se rende compte que cette rivale n'était plus sous la protection d'Artémis. "Chic ! je vais me venger !" se dit-elle, et ni une ni deux, elle transforma Callisto en ourse (ils ont le chic pour les transforlations animales dans cette famille).
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MessageSujet: Re: Lycaon, Callisto et Arcas   Lun 3 Mar - 20:02

3) Arcas

Le jeune Arcas grandit et, à la mort de Nyctimos, fils de Lycaon, devint à à peine quinze ans roi des Pélasges de la région, qui prirent le nom d'Arcadiens ; il leur apprit la culture du blé et autres trucs utiles pour vivre décemment dans leur bled.
Un jour, comme il chassait dans la forêt (il tient de sa mère celui-là), après des jours de pluie incessants qui avaient gorgé la terre d'eau et fait déborder les rivières, il vit un grand chêne au milieu d'un torrent en crue et entendit une voix en sortir :
- HEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEELP !
- Un arbre qui parle, c'est normal ? se demanda Arcas.
- Ecoute-moi, toi ! lui lança la voix. Je suis l'Hamadryade, la nymphe qui habite ce chêne ! L'eau va emporter mon arbre ! Je vais creveeeeer !
- Ah, euh, bafouilla l'adolescent, je peux faire quelque chose ?
- Je sais pas mais AIDE-MOI !
Ni une ni deux, le petit roi appelle ses gens et fait vite construire une grande digue pour détourner le torrent, prouvant ainsi son sens aigu de l'écologie : le chêne est sauvé, la Nymphe aussi, et comme les divinités ont la reconnaissance aussi prompte que la colère, la belle Hamadryade, qui s'appelait Chrysopéleia, sortit de l'arbre et initia le jeune Arcas aux choses réservées aux adultes (à même pas quinze ans ! limite pédophile cette Nymphe !).

Après avoir réussi à faire deux enfants à la Nymphe (deux garçons du nom d'Elatos et d'Aphidas, pour votre culture) et un autre à la Muse Erato qui passait dans le coin (le fils s'appelait Azan), tout ça avant même d'avoir seize ans (productif cet ado), Arcas fit un jour une autre partie de chasse, comme courir après de petits animaux innocents était son grand trip dans la vie. Il se baladait dans la forêt, réfléchissant profondément à la différence entre un bon et mauvais chasseur ("beuh, c'est simple, un bon chasseur, y voit un truc qui bouge, y tire, un mauvais chasseur, y voit un truc qui bouge, y tire"*), quand il aperçut, entre deux fourrés, une lourde silhouette d'une énorme bête velue : un ours ! Arcas imagine tout de suite cette superbe peau étendue dans le living-room de son palais d'Arcadie, et se jette à la poursuite du fauve.
Mais bon, comme vous lecteurs, êtes d'une intelligence et d'une perpicacité sans mesure, vous avez tout de suite deviné que cet ours, ou plutôt cette ourse, n'est autre que Callisto elle-même, la propre mère de cet ado boutonneux qui cherche à la trucider (si vous pigez rien à cette histoire, cf article précédent). Le fils allait tuer la mère ! Horreur ! En quête d'un asile, la pauvre princesse transformée traversa la forêt et se jeta éperdument dans un sanctuaire de Zeus dont l'entrée était réservée aux prêtres : tout autre être humain qui en violait le seuil était puni de mort. Arcas, absorbé par sa frénésie chasseresse, ne fait même pas attention, voit l'ourse cernée et entre dans le temple sans se poser de questions.
Alors Zeus, du haut de l'Olympe, se rend compte qu'il y a du bazar dans son temple : 1) Y'a une ourse qui n'est autre qu'une de ses amantes transformée en train de déranger l'autel, l'encens et tout le reste 2) y'a un excité avec sa lance qui n'est autre que son fils 3) tous les deux vont se faire trucider. Ni une ni deux, Zeus trouve LA solution miracle : il transforme d'abord Arcas en ours lui-même, puis prend les deux bêtes, les transporte au ciel et les change en étoiles. Callisto et Arcas brillent dans le ciel pour l'éternité sous le nom de Grande Ourse et de Petite Ourse. Quelle classe ce Zeus.
Héra cependant rechigne : encore une amante de Zeus portée aux nues ! Elle se venge donc mesquinement en faisant du chantage affectif à ses parents adoptifs Océanos et Thétys, divinités aquatiques, pour que jamais, au grand jamais, les deux constellations ne puissent se plonger dans la mer dans leurs évolutions célestes. C'est vrai quoi, les amantes et les bâtards de Zeus, même changés en étoiles, faut pas qu'ils se prennent pour des stars.
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MessageSujet: Re: Lycaon, Callisto et Arcas   Sam 8 Mar - 17:39

tres bien tes article
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